Couvertures_livres

4e de couverture : "parfois, il suffit de manger pour que tout, ou presque, puisse être dit". Pour Klara, c'est une aubaine, car Zsuzsa et Peter, ses parents, ne lui ont rien transmis de leur histoire, restée cadenassée derrière le rideau de fer. Seule concession à leurs origines, la cuisine de Zsuzsa entre goulasch et Tokay. Klara chérit ce lien. Son alphabet intime, ce sont ces voyelles paprika, ces consonnes galuska, ces accents graves au goût de noix, aigus à l'amertume du concombre. Pour le reste - l'exil en 1956, la famille, le Danube -, elle va tout imaginer, recomposant ainsi son identité, son "bazar magyar". Une fois qu'on a goûté, on garde en mémoire et en bouche.

Mon avis : j'ai eu envie de lire ce premier roman en souvenir de plusieurs voyages faits dans ma jeunesse en Europe de l'est et particulièrement en Hongrie, au temps du rideau de fer.

L'auteur aborde des thèmes graves comme le déracinement, l'exil, le silence des parents sur les traumatismes subis, la culpabilité de ceux qui sont partis vis-à-vis de ceux qui sont restés. Elle a choisi de le faire avec une légèreté apparente, par le biais des saveurs, puisque c'est le seul fil qui lui permettait de se relier à ce pays perdu.

J'ai aimé le ton de ce livre, la chaleur et la tendresse qui s'en dégagent et le voile qui se lève petit à petit sur l'histoire familiale. L'auteur ne manque pas de ténacité pour la découvrir. Malgré la dénomination roman, je pense que la part autobiographique est essentielle. Ce n'est pas un grand livre, mais j'ai passé un agréable moment et la description de la cuisine hongroise met l'eau à la bouche.

L'avis de Cathe

CHOCAS Viviane - Editions Héloïse d'Ormesson - 2006